Le premier âge de l’écologie: le souci de conservation de la nature
Né dans la seconde moitié du XIXe siècle, le conservationnisme se présente comme une nouvelle approche de la nature : l’espèce humaine doit se rendre compte de son pouvoir d’action vis-à-vis de la nature pour modifier son comportement. C’est le début de l’écologie en tant que concept, terme d’ailleurs inventé à cette époque par le biologiste autrichien Ernst Haeckel[1]. On voit ainsi apparaitre un mouvement, principalement en Europe et en Amérique du nord, ayant pour but de préserver la nature et dont les revendications sont portées par diverses associations de défense de la nature, telles « la Sierra Club » fondée en 1892. Deux approches distinctes doivent néanmoins être distinguées : celle des Européens d’une part, et celle de leurs homologues d’outre atlantique d’autre part.

Eruption du Castle Geyser; parc de Yellowstone
a- Le conservationnisme Nord-Américain
Les Etasuniens et les Canadiens ont pour objectif la préservation des grands espaces naturels et sauvages, la « Wilderness ». Ils nourrissent une attirance pour la nature pure, celle que l’homme n’a pas modifié ni, avant tout, pollué. Ainsi, de nombreux parcs protégés sont créés, comme le parc de Yellowstone, en 1872, sous l’impulsion d’un lobby déjà puissant à l’époque. Les propos tenus au sujet de la nature par le plus célèbre poète américain d’alors, Henry David Thoreau, illustrent bien cette nuance du conservationnisme : « J’aime la nature parce qu’elle n’est pas l’homme, mais une retraite contre l’homme. »[2]. Toutefois, on pourra remarquer que l’impératif économique demeure invariablement présent : tous ces grands parcs ne sont ainsi créés que dans des lieux inintéressants en terme de rentabilité agricole…
b- Le conservationnisme Européen
En Europe, on voue une préférence pour la nature façonnée, domptée par l’homme ; on rejette celle vue à l’état primaire et sauvage. Elisée Reclus, écrivain et philosophe de l’époque dit à ce sujet : « Le barbare donne à la Terre un aspect répulsif […] Le civilisé peut la faire rayonner de grâce et d’un charme pénétrant. [3]»